L’abeille noire

Apis mellifera mellifera est ne nom scientifique de l’abeille noire. Il s’agit de la première abeille décrite scientifiquement par Carl von Linné lui-même en 1758. Naturellement présente dans l’ouest de l’Europe, elle a été introduite dans de nombreuses régions du monde et notamment aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Aire de répartition naturelle

L’abeille noire est originaire de l’ouest du continent européen. On la retrouve depuis les Pyrénées jusqu’en Scandinavie. C’est la sous-espèce d’abeille mellifère qui remonte le plus vers le Nord. Et c’est vraisemblablement la disparition des forêts de feuillus (noisetier, chêne, hêtre) au delà de 60°N qui limite davantage son extension naturelle. Enfin à l’est elle atteint d’Oural.

Elle vit dans des milieux très divers et doit faire face à des conditions climatiques variées. On retrouve aussi bien l’abeille noire en Provence, en Russie ou en Ecosse. L’abeille noire doit son adaptabilité à un patrimoine génétique particulièrement riche.

Mais les flores et les climats distinct ont eu pour effet de créer des variations géographiques. En voici quelques unes.

Abeille noire des landes

Ces abeilles noires se retrouvent dans le sud-ouest de la France, sur les île Britanniques, en Scandinavie et dans les régions où les bruyères constituent l’essentiel des ressources florales.

Les bruyères sont des plantes dont les floraisons sont tardives. Ainsi le rythme de la colonie et notamment la ponte de la reine – les spécialistes parlent de profil de couvain – sont adaptés aux périodes de floraison.

Abeille noire de Corse

Les scientifiques la désignent sous le nom d’Apis mellifera mellifera corsica. Elle possède assez de caractères distincts des abeilles noires continentales pour être décrite comme un écotype original.

Abeille noire de Corse (Apis mellifera mellifera corsica). Crédit photographique Pixabay.

Contrairement à l’abeilles des landes, l’écotype corsica forme très tôt son couvain afin de mieux exploiter les floraisons de fin d’hiver et de printemps du maquis méditerranéen. Dans les zones côtières de l’île de Beauté, la reine n’arrête pratiquement pas sa ponte en hiver. Par contre elle va la diminuer fortement en plein coeur de l’été quand les ressources florales sont faibles puis va la reprendre à l’automne pour que la colonie puisse récolter du nectar sur les fleurs d’arbousier.

Abeille noire et apiculture

L’abeille noire est exploitée par l’Homme depuis la préhistoire. Et on retrouve des traces d’apiculture dès le 1er siècle après JC en Allemagne où les restes d’une ruche ont été exhumés. L’abeille noire était une source de miel, mais aussi de cire pour fabriquer les cierges et autres bougies.

Les premières ruches étaient en fibres végétales ou confectionnées dans des troncs d’arbre évidés. C’est beaucoup plus tard que les ruches à cadres mobiles seront inventé et l’abeille noire sera la première a y être élevée.

Les colonies d’abeilles noires restent généralement de taille modérée. D’après frère Adam, l’abeille noire couvre généralement pas plus de 8 cadres en couvain d’une ruche Dadant. Par contre ces abeilles ont besoin de davantage de volume pour stocker le pollen et le miel qu’elles produisent. Une particularité de cette sous-espèce est d’entourer les cellules qui contiennent le couvain (oeufs et larves) d’une large bande de pollen et de miel. Ces réserves permettent de nourrir le couvain tout proche.

L’abeille noire est parfaitement adaptée aux régions et aux climats de l’ouest de l’Europe. Mais il faut reconnaître que ces spécificité sont souvent rattachées aux différents écotypes. En effet, l’abeille noire de Bretagne et l’abeille noire de Provence n’auront pas le même comportement face à la pluie ou au vent fort. L’écotype de Bretagne est capable de voler sous le crachin, alors que l’abeille de Provence adoptera un vol en rase motte pour surmonter les rafales du Mistral.

L’abeille noire est souvent désignée comme un insecte au caractère défensif prononcé. Mais il faut tempérer le fait qu’il existe une grande diversité de comportements au sein de la sous-espèces et que certaines lignées ont davantage de douceur que d’autres.

De plus les recherches menées sur la douceur prouve que l’agressivité est plus prononcée chez les abeilles métissées avec d’autres sous-espèces et races introduites.

L’abeille noire présentent de nombreuses qualités. Elle est remarquablement économe, car ses colonies réduise la taille de leur population pour faire face aux longs mois d’hiver et au printemps parfois tardif. Elle a aussi un vol puissant et est capable de franchir les 3 kilomètres de distance à sa ruche pour trouver des ressources.

Eleveurs d’abeilles noires

En France, les apiculteurs sont beaucoup moins nombreux qu’auparavant à tenir des cheptels d’abeilles noires. La plupart se sont tournés vers des sous-espèces comme l’abeille italienne ou l’abeille caucasienne, sans oublier l’abeille “frère Adam”.

La raréfaction de l’abeille noire – pour ne pas parler de disparition – motivent des apiculteurs et des chercheurs pour mettre en place des conservatoires. Ces conservatoires sont regroupés au sein de la Fédération européenne des Conservatoires de l’abeille noire.